Paris, 2010 | 2015

Strade nere

 

Chi è mai colui che abbia voluto lasciare ad altri uomini l’arbitrio di ucciderlo?

[Cesare Beccaria, Dei delitti e delle pene]

 

Ma più di tutto mi vergogno di quanto tutto questo è stupido. [

Fëdor Michajlovič Dostoevskij, Crime et Châtiment]

 

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Il tempo passa con indifferenza sui luoghi del crimine, la tensione del delitto si stempera, il ricordo dei corpi che giacciono a terra senza vita svanisce. Nelle piazze tornano a correre i bambini, i passi calpestano senza esitazione macchie di sangue che ormai non esistono più, la violenza di quegli attimi si perde nel passato.

«Chaque pavé de notre bonne ville de Paris est rouge»[1]. Ogni via, ogni piazza ha visto un uomo togliere la vita ad un altro uomo per rancore, rapina, gelosia, vendetta, follia, stupidità o semplicemente per legge.

Andando a ritroso nel tempo la città si copre di sangue. Le cronache si ripetono come romanzi d’appendice, i nomi delle vittime e dei carnefici compaiono all’improvviso nei libri di storia o nei trafiletti dei giornali, mescolandosi in un intreccio che dimentica gli uni per ricordare gli altri nella logica morbosa del delitto efferato e del cadavere eccellente.

Solo il luogo, immutabile nello spazio, resta l’unico testimone in una scenografia che cambia nel tempo.

Ho camminato tra i fantasmi cercando nello spazio quello che resta del gesto più idiota che un uomo possa compiere: quello di uccidere.

 

English

Time, indifferent, flows over the crime scene, the tension of the offense fades, the memory of the body lying lifeless on the floor disappears. Children are again in the squares, steps trample without hesitation bloodstains that no longer exist, violence is lost in the past.

“ Each block of our good city of Paris is red”. Every street, every seat, every crossroad saw a man take the life of another man. He was driven by anger, by greed, by jealousy or revenge, by madness, by stupidity or simply by law.

Going back in time, the city is found covered in blood. Going back in time, the city is found covered in blood. Victims and executioners suddenly appear in the history books and snippets in newspapers, they mix in a plot that follows the logic of morbid heinous crime and the famous corpse.

The Beheading of Saint Denis in 250 AD, the brutal murder of Zakaria Babamou in 2004 in a park on the Champs Elysees, The thousands men and women quartered, hanged , guillotined by the dynasty of hangman Sanson on Place des Greves, the execution of 35 resistant in 1944 at the Grande Cascade in Bois de Boulogne shot by the SS, the assassination in 2010 in Avenue de Bel- Air of a taxi driver that nobody wants to remember the name : all these facts belong to the same past. Only places remain unchanging, as an eternal witness in a setting that changes over time.

I walked with ghosts to search what remains of the dumbest act a man can do: to kill.

 

Français

Mais quel est celui qui aura voulu céder à autrui le droit de lui ôter la vie?

[Cesare Beccaria, Des Délits et des Peines]

 

Ce qui me rend le plus honteux, c’est la bêtise de la chose.

[Fëdor Michajlovič Dostoevskij, Crime et Châtiment]

 

Le fait de donner volontairement la mort à autrui constitue un meurtre.  Il est puni de trente ans de réclusion criminelle. 

[Art 221-1 du Code Pénale de la République Française]

 

Le temps, indifférent, s'écoule sur la scène du crime, la tension du délit se fane, la mémoire des corps gisant sans vie sur le sol s’efface. Les enfants courent à nouveau dans les squares, les pas piétinent sans hésitation dans les taches de sang qui n'existent plus, la violence de ces instants se perd dans le passé.

«Chaque pavé de notre bonne ville de Paris est rouge»1. Chaque rue, chaque place, chaque carrefour a vu un homme prendre la vie d'un autre homme : il était poussé par la colère, par le cupidité, par la jalousie, par la vengeance, par la folie, par la stupidité ou tout simplement par la loi.

En remontant le temps, la ville se retrouve recouverte de sang. Les chroniques se répètent comme des feuilletons mal écrits, les victimes et les bourreaux se manifestent soudainement dans les livres d'histoire et dans les entrefilets des  journaux, ils se mélangent dans une intrigue qui suit la logique morbide du crime odieux et du cadavre célèbre.

La décapitation de Saint Denis en 250 après J.-C., le meurtre crapuleux de Zakaria Babamou en 2004, dans un parc sur les Champs Elysées, les milliers de personnes écartelées, pendues, guillotinées par la dynastie des Bourreaux Sanson en place de Grève, entre la pentecôte 1310 et le 22 Juillet 1830, l'exécution de 35 résistants à la Grande Cascade du Bois de Boulogne fusillés par les SS en 1944, l'assassinat en 2010, en Avenue de Bel-Air, d’un chauffeur de taxi dont personne dans la presse veut se souvenir le nom : il s’agit de faits appartenant tous à un même passé. Seul l’être des lieux reste, immuable, tel un témoin éternel dans un décor qui change au fil du temps.

 

J’ai marché avec les fantômes à la recherche de ce qui reste dans l’espace de l’acte le plus idiot qu’un homme puisse accomplir: tuer.

 
 

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