Paris, Novembre 2008 - Cimetiere du Père Lachaise
Requiescunt
Ciò che fa Argia diversa dalle altre città è che invece d'aria ha terra. Le vie sono completamente interrate, le stanze sono piene d'argilla fino al soffitto, sulle scale si posa un'altra scala in negativo, sopra i tetti delle case gravano strati di terreno roccioso come cieli con le nuvole. Se gli abitanti possono girare per la città allargando i cunicoli dei vermi e le fessure in cui s'insinuano le radici, non lo sappiamo: l'umidità sfascia i corpi e lascia loro poche forze; conviene che restino fermi e distesi, tanto è buio. Di Argia, da qua sopra, non si vede nulla; c'è chi dice: " E' la sotto" e non resta che crederci; i luoghi sono deserti. Di notte, accostando l'orecchio al suolo, alle volte si sente una porta che sbatte.
Le Città Invisibili di Italo Calvino
Ce qui rend Argie différente des autres villes, c’est qu’elle a de la terre à la place de l’air. Les rues sont complètement enterrées, les pièces des maisons sont pleines de fine argile jusqu’au plafond, sur les escaliers se pose – en négatif – un autre escalier, sur les toits pèsent des couches de terrain rocheux en guise de ciel avec ses nuages. Nous ne savons pas si les habitants parviennent à se déplacer dans la ville en élargissant les galeries creusées par des vers et les fissures par où s’insinuent les racines : l’humidité défait les corps et ne leur laisse que peu de force ; ils doivent rester immobiles et allongés, d’ailleurs il fait noir.
D’Argie, du dessus où nous sommes, on ne voit rien ; il y en a qui disent : « C’est là-dessous », et il faut bien les croire ; les lieux sont déserts. La nuit, en collant l’oreille contre le sol, on entend quelquefois une porte qui bat.
Les Ville invisibles de Italo Calvino